14 juin 2011

Musicaliser une milonga (3) Améliorer l'enregistrement de la musique

Améliorer l'enregistrement de la musique

Les tangos de la vieille garde ne sont pas tous irréprochables sur le plan de l’enregistrement. Voici quelques conseils pour améliorer les choses :
Utilisez si possible les disques vinyles originaux pour faire vos enregistrements. Attention, chaque marque de disque utilisait ses propres courbes de compensation et il faut restaurer le son original en utilisant la compensation inverse. Cela peut se faire avec un préampli comportant des courbes de réponses sélectionnables ou ajustables. J’en avais fabriqué un autrefois, mais avec l’ordinateur, on peut effectuer cette manipulation a posteriori, ce qui n’était pas le cas sur cassettes ou mini-discs.
Un site m’avait aidé, il y a une dizaine d’années à franchir le pas vers l’informatique pour la restauration de disques anciens. Il reste d’actualité sur les principes, même si les logiciels actuels sont beaucoup plus pratiques à utiliser.
La platine est importante. J’ai utilisé pendant longtemps une platine Thorens avec plateau lourd à entraînement direct et contre-plateau en alu, extraordinaire pour éviter tout rumble (associé à une cellule Shure avec pointe hyper elliptique). J’utilise désormais une American Audio, moins sophistiquée (et ne proposant pas la vitesse de 78 tours), mais disposant d’une sortie USB, bien pratique.
La platine doit permettre d’ajuster précisément la vitesse. En effet, selon les époques et les marques de disques, les vitesses de rotation ne sont pas toujours exactes et il faut donc retrouver la hauteur et le tempo du son d’origine. Pour ma part, je cale la vitesse de façon à ce que la hauteur corresponde à la partition. Cela présente l’avantage supplémentaire de pouvoir jouer en même temps que la musique. Ces platines disposent d’un stroboscope, mais pour les raisons évoquées ci-dessus, ils ne sont pas indispensables.
Lorsque vous faîtes une capture de disque vinyle, pensez à incorporer avant et après chaque morceau des plages de « gratouillis » du disque. Cela vous sera utile pour traiter le signal et améliorer le rendu.
Les morceaux extérieurs des CD ont une meilleure dynamique (vitesse tangentielle supérieure), mais sont parfois endommagés par des impacts de tête de lecture.
Il est aussi possible de partir directement de CD audio. Malheureusement ceux-ci ne sont pas toujours de bonne qualité. La courbe de réponse n’est pas bonne, les vitesses sont « trafiquées », en général augmentées pour être plus dansants ou pour rendre plus virtuoses les interprètes.
Je ne parle pas des compilations au format MP3 qui sont souvent encore pires.
Si vous avez des CD de bonne qualité (c’est une loterie), voici ce que vous pouvez faire :
Ø  Enregistrez-les dans un format non-compressé (wav ou AIFF, par exemple).
Ø  Ouvrez dans Audacity ou autre logiciel de traitement sonore et observez la :

Courbe montrant une saturation du canal gauche. Courbe meilleure.
On voit clairement ici qu’il s’agit d’un enregistrement stéréo, (trop) fortement différencié.
 
Si la courbe est saturée (applatie dans le haut) ou si à l’inverse elle ne décole pas de l’axe médian, refaites l’enregistrement ou la numérisation.
Pour la plupart des vieux disques, le son n’est pas en stéréo. En fonction de l’état du disque, il peut être intéressant de n’utiliser qu’une seule des deux voies (en la réinjectant bien sûr sur sur les deux canaux ensuite).

Musicaliser une milonga (2) Classer sa musique

Classer sa musique

Pour ma part, je classe la musique en fonction de sa « dansabilité » :

***** Excellent à danser et bonne qualité technique de l’enregistrement

**** Excellent à danser et qualité technique un peu moins bonne, mais diffusable.

*** Utilisable pour danser, mais moins agréable ou qualité technique un peu faible. Je ne les diffuse que sur demande.

** indansable ou qualité technique trop pauvre pour être utilisé, mais morceau intéressant.

* Musique conservée pour son intérêt historique, sa rareté ou autre, mais inexploitable en milonga.

J’indique le style dans le genre de la façon suivante :

  • Tango
  • Tango cantado (je mets à part ceux qui ne sont pas dansables et les classe « canción »)
  • Tango milonga
  • Tango milonga cantada
  • Tango vals
  • Tango vals cantado

Pour les morceaux plus récents, j’ai des catégories (elles mêmes divisées en milonga et vals, cantado ou pas) :

  • Tango nuevo (instruments traditionnels, mais sonorités ou musicalité particulières. La plupart des compositions de Piazzolla entrent dans cette catégorie.
  • Tango electrónico (instrumentation électronique, sonorités très différentes du tango traditionnel). Electrocutango, Malevo ou Debayres alimentent cette catégorie.

Une tanda doit être homogène, c’est-à-dire qu’elle doit comporter des morceaux qui vont ensemble. Il faut donc être capable d’identifier l’orchestre, le chanteur, le style de danse, l’année d’enregistrement et de nombreux autres critères, parfois plus difficiles à saisir.

Une des méthodes peut consister à utiliser les commentaires (cette musique va bien avec telle autre), mais on peut utiliser aussi les groupes. Ainsi, on peut classer ensemble des musiques du même orchestre qui vont bien ensemble. Ainsi, le DJ, à la volée, pourra composer une tanda cohérente car il aura auparavant pris le temps de vérifier que cela fonctionnait.

Musicaliser une milonga (1) La musique sert à faire danser

La musique sert à faire danser

Bien sûr, cela peut sembler une évidence, mais pour tourner un peu partout dans le monde, je peux témoigner que c’est loin d’être toujours pris en compte par les DJ.

Le tango est une danse d’improvisation et donc, il est plus sécurisant de bien connaître le morceau pour adapter ses évolutions. C’est une des raisons qui explique le choix relativement restreint de musiques jouées à Buenos Aires.

Un danseur musicien, sera capable de « deviner » un morceau inconnu, ou une interprétation live, car, connaissant la structure de la musique, il identifiera des signes, des indices, insensibles pour d’autres qui n’ont pas été formés.

Le DJ, s’il n’est pas musicien, devra a minima conserver un répertoire étroit pour éviter de placer dans l’embarras ses danseurs. Malheureusement, en général, moins les DJ connaissent la musique et plus ils se lancent dans des programmations « originales ».

Pour moi, la meilleure musique pour le bal est celle qui est jouée dans les milongas de Buenos Aires. Au début, c’est surprenant d’entendre dans toutes les milongas les mêmes morceaux, mais à l’usage, cela permet de rentrer encore mieux dans la musique.

13 juin 2011

Interview de Chicho Frumboli, la confession d'un repenti

On pouvait penser que Chicho était loin du tango portègne. Cette interview montre qu'il a retrouvé le sens du tango.
Espérons que ceux qui l'ont suivi comprendront son nouveau message, mieux que l'ancien...
Version originale ici...

11 juin 2011

L'éruption du volcan Puyehue entraine la fermeture des aéroports de Buenos Aires.

Il devient de plus en plus difficile de rentrer d'Argentine.
Cette fois, ce n'est pas à cause de l'addiction aux milongas Portègnes, mais d'un nuage d'origine volcanique, made in Mercosur.
Il s'agit du majestueux Puyehue, qui, vous en conviendrez grâce aux images du blog "la mesa de luz", n'a rien à envier aux cracheurs islandais aux noms imprononçables.
Ce noble individu a entraîné la fermeture des deux aéroports portègnes, bonne excuse pour quelques tangos de plus.